Avec plusieurs assemblées générales à son actif à Bruxelles et à Liège (avec entre 130 et 200 participants), Commune Colère s’est imposée comme une des références de la lutte contre l’Arizona. C’est surtout le cas parmi les jeunes. Mais l’engagement de plusieurs syndicats (dont la CNE et CGSP ALR de Bruxelles) lui donne aussi un ancrage dans la mobilisation syndicale des derniers mois.
Le lien avec la classe ouvrière organisée est super important, car en fin de compte, c’est cette classe sociale qui dispose de la force, de la cohésion et du nombre nécessaire pour changer le monde. Aucun autre groupe social ou segment de la population, quelque soit l’intensité de son activité ou son désir de changer les choses, dispose de cette force. Lieu de convergence des luttes de plusieurs associations (écologiques entre autres), groupes politiques et militants syndicaux, les assemblées et les actions réussissent à brasser nettement plus large.
Une première action publique cette année de Commune Colère (CC) était l’occupation toute symbolique des locaux de la FEB, la fédération patronale, en marge d’un rassemblement syndical. Mais à part cette action et d’autres, c’est surtout le renforcement de la mobilisation contre l’Arizona qui est au centre des efforts de Commune Colère. Pour CC, il ne s’agit pas d’aménager les mesures antisociales et anti-écologiques mais d’obtenir leur retrait. Concrètement cela veut dire, obtenir la chute de ce gouvernement. La nouvelle charte de CC est très claire la-dessus. C’est une nette amélioration par rapport aux objectifs initiaux de CC il y a quelques années, alors qu’il était encore question “d’interpeller les politiques” et “que les politiques cessent de soutenir cette destruction organisée”. Mais l’objectif de CC va au-delà et se veut aussi un instrument de lutte pour une société plus juste. Cette dernière est encore à définir, tout comme la stratégie pour y parvenir. Il est clair aussi que le cycle de la lutte syndicale de 2014 et 2015 hante l’esprit des nombreux militants syndicaux et autres. A l’époque, la forte dynamique de grèves régionales et de la grève générale, contre le gouvernement Michel, a été cassée par la direction réformiste et conciliante des syndicats CSC et FGTB. En échange de multiples promesses de concertation entre les syndicats et le gouvernement, le plan de lutte de l’époque avait été suspendu et finalement abandonné. Résultat : le gouvernement a fait passer ses plans sans craindre de mouvement d’ampleur. Pour éviter cela cette fois-ci, il faut organiser les militants et délégués les plus combatifs à l’intérieur des syndicats pour y avancer un plan d’action d’envergure, démocratiquement décidé. Les revendications doivent aussi aller au-delà du rejet des plans antisociaux. Le capitalisme même doit être remis en question. Mais il s’agit aussi de développer un réseau interprofessionnel entre délégations syndicales prêtes à prendre le relais d’une direction syndicale défaillante. Bien que cela ne soit pas (encore ?) l’objectif de CC, elle pourrait y contribuer dans les mois à venir.